La majorité des COV émis, est générée par l’utilisation de perchloroéthylène.
Les détachants contenant des solvants sont une autre source d’émission de COV. Cette dernière est mineure par rapport au perchloroéthylène.
En général, les émissions de perchloroéthylène ont pour origine :
l’ouverture du hublot lors du chargement et du déchargement des machines,
les vêtements juste en sortie de machine,
le raclage et la manipulation des boues (qui sont stockées dans des bidons souvent ouverts avant d’être vidés dans une cuve),
l’ouverture des réceptacles des filtres,
le nettoyage du filtre à boutons et du filtre à air,
les fuites de perchloroéthylène dans le circuit (lors de la distillation, d’un cycle de lavage, etc),
les opérations de maintenance importantes.
Pour les machines à circuit fermé, les émissions de COV sont de 20 à 40g/kg de linge nettoyé. Pour les machines à circuits fermés équipées d’un filtre de charbon actif, les émissions sont de l’ordre de 10g/kg de linge nettoyé. L’émission des COV, autres que le perchloroéthylène, se fait durant la phase d’utilisation de détachants.
Le principal polluant étant le perchloroéthylène, un changement de technologie - donc l’investissement dans de nouvelles machines - permet de diminuer les émissions.
Des alternatives au nettoyage au perchloroéthylène existent. Chacune présente des avantages et des limites.
Trois techniques sont actuellement disponibles :
le nettoyage à l’eau ou aquanettoyage,
le nettoyage à base d’hydrocarbures
l’utilisation de dioxyde de carbone liquide (CO2).
Ces techniques sont assez répandues dans d’autres pays tels que les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne.
Techniques
Avantages
Inconvénients
Nettoyage à l’eau
Pas d’émissions de COV
Moins de risques toxicologiques des produits utilisés
Très faible pollution atmosphérique
Non soumis à l’arrêté n°2345 (ICPE)
Odeur dans l’atelier agréable
Linge plus doux, sans odeur, aux couleurs préservées.
Certaines salissures plus aisément enlevées (sucre, sel, lait)
Certains textiles peuvent subir un retrait ou une altération
Quantités d’eau utilisée importantes
Séchage plus long
Charge de travail plus importante, qualification nécessaire des travailleurs (risques ergonomiques supplémentaires)
Graisse, huile, cires plus difficiles à enlever
Nettoyage à l’aide d’hydrocarbures
Efficacité du nettoyage pour tout textile
Moins de toxicité que le perchloroéthylène.
L’exposition par inhalation est moins importante car la pression de la vapeur est plus basse que celle du perchloroéthylène
Emissions de COV
Les hydrocarbures restent des produits dangereux.
Risque d’incendie
Séchage plus long
Entretien par un personnel qualifié
Moins efficace pour enlever les huiles et les graisses.
L’utilisation de CO2 liquide
Pas d’émissions de COV
Bons résultats en terme de nettoyage (daims, cuirs et fourrures)
Cycle de nettoyage plus rapide
Peu d’impact sur l’environnement
Coût très élevé.
Risque lié à l’utilisation de système haute pression.
Problème pour les taches d’herbe, de chocolat ou de rouge à lèvres.
La bonne connaissance par le personnel des phases polluantes permet :
d’optimiser au mieux le procédé de nettoyage et
de réduire les émissions de polluants
de diminuer l’exposition des opérateurs.
Former les opérateurs à une bonne utilisation de la machine et les sensibiliser à l’importance des réglages permet de réduire les émissions de COV.
Conception des locaux
Plus que sur les émissions atmosphériques, la conception des locaux joue un rôle particulier sur l’exposition du personnel aux COV.
Afin de limiter la concentration de COV dans l’entreprise et d’améliorer les conditions d’hygiène de travail, il est conseillé de :
séparer les locaux : machines de nettoyage, entrepôt de stockage de produits chimiques, bureaux,…
mettre en place un système de ventilation mécanique pour éviter l’accumulation de la pollution due à un renouvellement d’air insuffisant (obligation réglementaire).
Fiche réalisée avec le soutien de : Europe, FEDER, Préfecture de l’Isère, ADEME, DREAL Rhône-Alpes, Région Rhône-Alpes et La Métro.